Le potentiel macro!

Voilà les résultats d’un petit test que je voulais faire depuis quelques temps déjà. Quel est le potentiel « macro » de chacun des objectifs que je possède, avec ou sans bidule. Naturellement, un vrai objectif macro donne des résultats incroyablement supérieurs et une facilité d’utilisation décuplée, mais le prix l’est tout autant. Alors, c’est pour ça que j’ai opté pour de la macro « cheap », des petits bidules achetés sur eBay pour une poignée pain ou encore un généreux don !

Pour faire mon savant test, j’ai pris le non moins scientifique logiciel MS Word et j’ai dessiné au centre d’un document un rectangle aux dimensions du capteur de ma Canon Rebel XT (2.22 cm x 1.48 cm). J’ai ensuite mis d’autres rectangles 50% plus gros pour comparer. Pour obtenir une vraie photo macro (1:1) il faut que le premier rectangle remplisse complètement le cadre de la photo.

J’ai donc ainsi testé mes trois lentilles. Désolé pour les photos « croches », mon trépied n’est pas très bon disons! 🙂 Je ne les ai pas redressées pour qu’on puisse voir exactement le cadrage que l’appareil nous renvoie.

Canon EF 70-200mm f/4


Naturellement ce télé-objectif est tout à fait à l’inverse d’un objectif macro, alors je voulais simplement voir de quoi il était capable. Et après comparaison, tous comptes faits, c’est quand même pas si mal.

Canon EF 50mm f/1.8

Je me serais attendu à un meilleur résultat pour cette lentille à focale fixe. En terme de cadrage, c’est sensiblement la même chose que ma 70-200mm, mais comme j’étais beaucoup plus proche de la cible, le rendu de la photo est de meilleure qualité. Il est évident que je n’y connais rien à la physique de l’optique, faudrait que je m’y mette un jour.

Mais pour cet objectif, j’ai de petites lentilles que je peux visser au devant celle-ci pour en améliorer la puissance « macro ». On appelle ça des bonnettes (close-up lens) +1, +2 et +4. Je peux les combiner et j’ai pu ainsi faire des combinaisons allant de +1 à +7. Voilà les résultats :

Ça fait définitivement une différence, mais on n’est pas encore en vrai mode macro 1:1 puisque le petit rectangle du centre ne couvre pas totalement la photo.

Canon EF-S 18-55mm f/3.5-5.6

Et finalement la lentille de base, qui vient avec l’appareil Rebel XT. Ce n’est peut-être ma lentille qui offre les meilleures performances optiques, mais « out-of-the-box » c’est la meilleure pour la macro. Voilà son résultat :

On voit que toute nue, déjà elle offre environ la même performance que la 50mm avec la bonnette +3 ce qui n’est pas si mal si on prend en compte que c’est beaucoup plus agréable a utiliser qu’une lentille fixe avec des bonnettes. Mais on est encore loin de la macro.

Dernièrement je me suis également acheté une petite bague d’inversion qui permet de renverser ma lentille 18-55 à l’envers, ce qui la rend potentiellement plus puissante pour la macro (un peu comme lorsqu’on regarde du mauvais côté de jumelles) . Alors là, on obtient des résultats vraiment intéressants :

Impressionnant n’est-ce pas ? (En tous cas, moi je l’étais!) On voit que sur la première image, distance focale ajustée à 55mm on est à toutes fins pratiques en Macro 1:1 et même peut-être un peu au-delà. Et lorsque je mets la distance focale sur 18mm alors là, on peut dire qu’on est franchement en mode macro, probablement quelque chose comme du 3:1. Sur le papier, on peut voir les différents points de couleurs qui sinon ressemblent à un dégradé de gris, on peut même voir la fibre du papier.

C’est bien, mais là, on est en mode manuel assez avancé! Attention à la marche… haha!

La première grosse difficulté c’est l’ouverture. Lorsqu’on retire une lentille de son boitier, elle se met automatiquement dans sa plus grande ouverture (je suppose que c’est mieux pour l’entreposage des lentilles). Pour la photographie macro, c’est bien pour la lumière, mais c’est vraiment l’enfer pour la profondeur de champs. Mais on peut quand même réussir a ajuster, à l’avance, l’ouverture de la lentille avec un petit tour de passe-passe que le fabricant de la caméra n’apprécie probablement pas.

Pour le focus, on oublie la bague de focus (qui est a chier sur la 18-55 anyway) on y va directement avec le zoom ou simplement en avançant et reculant son appareil photo directement. Il va sans dire qu’il vous faut un trépied pour n’importe quelle photo dans cette situation. Le moindre mouvement de l’appareil ne provoque pas simplement un petit flou, mais carrément une photo ratée. Pour cette même raison un déclencheur à distance ou à tout le moins le retardateur de l’appareil est essentiel.

La lumière est aussi problématique, il faudrait que je me trouve un bon «spotlight» pour bien éclairer le sujet. Le flash intégré est inutile. Nous sommes trop près du sujet (à peine 1 ou 2 cm) et la lentille légèrement rallongée par la bague d’inversion fait de l’ombre au flash.

Bref, c’est loin d’être le paradis de l’amateur de la photographie macro. Par contre, pour le simple curieux, voire pour quelques rares occasions, ça vaut bien le 10$ que j’ai misé là-dessus. Une vraie bonne lentille macro, vaut plusieurs centaines de dollars et c’est définitivement plus dans mon budget, surtout pour l’utilisation que je risque d’en faire.

Ce billet ne se veut pas hautement précis ou révélateur de quoique se soit. Je l’ai fait à titre de référence personnelle et en même temps, je croyais intéressant de partager mes découvertes, pour ceux que ça pourrait intéresser.

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